13.11.2011

Le 11/11/11, j'ai vécu mon premier cambriolage

vol,cambriolage

Ma maison a été cambriolée vendredi soir et j'ai surpris le voleur. C'est con parfois le destin. Non pas que cet acte délictueux intervienne le 11 novembre 2011, non ! Non, le plus drôle c'est la manière dont se goupillent les choses. Revenons au fait déclencheur sans lequel je n'aurais pas composé le 17 sur mon mobile : les soucis de congélateur de ma soeur survenus deux jours avant.

Ces magnifiques souris d'agneaux allaient se perdre. Qu'à cela ne tienne, ma frangine m'invite. Jusque là rien d'extraordinaire si ce n'est qu'elle habite à 500 mètres de ma maison qui vient d'être vendue, (mais n'est pas totalement vidée). Le repas se passe bien. Les souris d'agneau sont délicieuses, toutefois l'idée d'accompagner, le dessert, une tarte à la citrouille, de glace germe dans l'esprit des plus gourmands. 
Alors qu'avec Philippe, nous nous rendons chez Pizza sprint, je remarque une Peugeot garée devant chez moi. Rien d'étonnant. De nombreux jeunes s'arrêtent rouler leur joint dans le coin. Comme il n'y a personne dans l'auto, j'avise Philippe que je vais m'arrêter devant au retour. Bien m'en a pris.

Dans la voiture, dont les sièges arrières avaient été rabattus, étaient entassés en vrac mon porte vélo, le décapeur thermique, diverses babioles éclectiques dont ma brosse à parquet des années cinquante... Pour résumer, il s'agissait du restant de bordel que j'avais laissé dans la maison. Dans l'escalier, une de mes caisses de stockage était remplie de l'alcool et des jus de fruits ramenés lors de fête par ma fille, de désherbant, des pots de peinture, mon détecteur de métaux. Un coup de fil au 17 et les policiers se déplacent rapidement. Ils ont procédé aux constatations d'usage. S'ils n'ont pas réussi à interpeller "l'individu", ils ont confisqué son auto. Bein oui, le couillon avait laissé son auto ouverte et les clefs sur le contact. Il avait quitté les lieux de son forfait. Quant à moi, je suis allé déposer plainte ce samedi à 9 heures.

Pierre Desproges avait résumé ce type de méfait dans une de ses Chroniques de la haine ordinaire.

Quand je vous aurai dit à quel point je déteste la force publique et les bâtons blancs, les procureurs hépatiques à nuque rase, les barreaux aux fenêtres les miliciens cramoisi Gévéor tiraillant des chiens-loups démentiels électrisés de haine apprise, quand je vous aurai dit, en somme, l'ampleur de ma dégoûtation pour les lois collectives et les marches forcées, m'écouterez vous enfin, catafalqueux et gauches intellectuels qui tremblotez sous le joug d'un terrorisme par vous même suscité, m'écouterez-vous encore, mes bien chers frères, si je vous dit que je hais autant les voleurs que les gendarmes ?

Je ne parle pas tant des voleurs professionnels, braqueurs de banque, perceurs de coffres, garagistes, épiciers, etc., qui, certes, s'emparent malhonnêtement du bien d'autrui, mais qui le font avec une conscience professionnelle sur laquelle bien des jeunes gens honnêtes seraient bienvenus de prendre exemple.

Non, je veux parler des voleurs amateurs qui volent n'importe quoi, n'importe où, n'importe comment, au petit bonheur des portes ouvertes, et qui repartent sans dire merci, en laissant les traces obscènes de leurs pieds boueux sur les draps brodés de grand-mère qu'ils ont jetés à terre pour y chercher l'improbable magot qui sommeille à la banque.

Rappelle-toi, résidu de gouape, reliquat freluquet de sous-truanderie, rappelle-toi cette nuit de printemps où tu es venu polluer ma maison de ton inopportune et minable équipée. Tristement encagoulé de gris, tu viens dans ma maison, la sueur froide sous le bas noir et la pétoire sous le bras. Infoutu de discerner un vase de Sèvres d'un cadeau Bonux, tu voles au ras des moquettes un vieux sac à main où l'enfant rangeait ses billets de Monopoly et ses dents de lait pour la petite souris. Triste rat, tu voles bien bas.

La maison dort, sauf le vieux cocker tordu d'arthrite et à moitié aveugle qui rêvasse au salon sur son pouf. Il se lève doucement pour aller te lécher un peu, avec cette obstinée dévotion pour nous qui n'appartient qu'aux chiens. Alors toi, pauvre con, tu lui vides en pleine gueule la moitié de ton chargeur de 11,43. Et puis tu files éperdument, veule et cupide gangstérillon de gouttière, la trouille au ventre et chiant sous toi, pillant aux étoiles des sagacités vulgaires attrapées au ruisseau. La nuit résonne encore à mes oreilles du cliquetis métallique de ton sac de toile plein de vaisselle. Et moi je reste là, immobile, à te regarder filer. Parce que j'ai peur aussi. J'avoue. Je renâcle à risquer ma vie pour Arcopal et Duralex. Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer : je ne vais quand même pas partir sans lui.

Où est-tu aujourd'hui, grêle terreur des chiens mourants ? Sans doute, courageusement abrité derrière ta quincaillerie militaire, est-tu en train de guetter une petite vieille au coin de sa chambre de bonne, pour lui casser la gueule avant de lui prendre sa carte orange et le cadre en inox avec la photo de ses enfants qui ne viennent plus la voir ?

Je ne te souhaite pas forcément la prison, c'est l'engrais où les âmes pustuleuses et les contaminées s'épanouissent en incurables bubons. Je ne te souhaite pas non plus quelque mort légale qui ferait de toi, infime et dérisoire épouvantail de terrain vague oublié, un un héros de chevalerie zonarde pour progressistes illuminés, ou pire encore, une raison de se réjouir pour les nostalgiques des ordres noirs.

En réalité, je ne te souhaite ni ne te veux rien.

Je tiens seulement à ce que tu saches, Al Capone de poubelle, Mandrin de mes couilles à condition qu'on me les coupe, je veux seulement que tu saches que toute la famille se joint à moi pour te prier d'agréer l'expression de mon plus profond mépris.

12:06 Écrit par Laurent Houssin dans Anecdotes | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vol, cambriolage | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer | |

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Commentaires

Pierre Desproges est vraiment irremplaçable, je me repasse en boucle son spectacle dan ma voiture, rien de tel pour oublier les bouchons !

Écrit par : pronostic multi | 09.02.2012

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